Ça faisait maintenant 2 jours que j'étais arrivé ici. Tout c'était bien déroulé dans mes séances avec Amélie. Elle m'avait posé plusieurs questions sur mon passé et sur ce qui s'était passé récemment. Mais aujourd'hui, c'était une journée plus difficile que les autres. C'était aujourd'hui que l'on enterrait mes parents et Rachel. Bien sûr, Amélie avait voulu que j'aille à l'enterrement.
Je m'étais habillé en conséquence, jupe et chandail à col roulé noir. Johanne m'avait aussi prêté une jolie paire de chaussure noire. Pour l'occasion, Amélie avait aussi demandé que l'on me fasse une nouvelle coupe de cheveux. Ce n'est pas que mes cheveux soient horribles, mais ils sont affreusement longs. J'avais maintenant les cheveux aux épaules. C'est beaucoup plus pratique à coiffer.
Nous étions assises, moi et Amélie dans la voiture qui nous conduisait à l'église. Le silence qui régnait dans la voiture était étourdissant. Je tournai mon regard vers la fenêtre et regardai défiler le paysage sous mes yeux.
On arriva quelques minutes plus tard devant l'église. On descendit de la voiture et on monta les quelques marches qui menaient à la grande porte. On entra à l'intérieur où se trouvait déjà une foule immense. Bien sûr, comme mon père faisait parti de la haute société, plusieurs personnes haut placées étaient présentes.
-Ça va bien ce passer, murmura Amélie.
Je tournai mon regard vers elle et lui fis un faible sourire. On s'avança vers les premiers bancs devant l'hôtel. 3 grands cercueils étaient alignés devant celui-ci. Amélie me fit asseoir sur le banc et prit place près de moi.
Mon regard était fixé sur les cercueils devant moi et sans m'en rendre compte, je me levai du banc et me dirigeai vers ceux-ci. Ma main effleura doucement le cercueil de ma mère et je me dirigeai vers celui de Rachel. Je posai ma main sur celui-ci et fermai doucement les yeux. Comment allais-je faire maintenant sans elle ? À qui allais-je raconter tous mes petits secrets ? Qui allait m'écouter à présent ?
-C'est vraiment dommage de mourir aussi jeune.
J'ouvris les yeux et aperçus le sénateur Hartford près de moi. C'était un des meilleurs amis de mon père. Le sénateur me fit un petit sourire que je lui rendis.
-Tu ressemble beaucoup à la jeune Rachel, me dit-il.
J'aurais bien aimé lui répondre, mais malheureusement, ma voix était toujours absente. Je me contentai donc de lui faire un faible sourire.
-On pourrait même vous considérer comme jumelle, dit-il. Mais ça serait impossible, puisque la jumelle de Rachel est morte il y a 11 ans.
Mes parents m'avaient donc fait passer pour morte. Voilà donc la raison du pourquoi personne ne s'interrogeait sur ma disparition. Le sénateur me fit un dernier sourire et s'éloigna vers quelqu'un d'autre. Je posai à nouveau mon regard sur le cercueil et fermai les yeux.
-Veuillez prendre place, nous allons commencer la cérémonie.
J'ouvris les yeux et me retrouvai face à face avec le prêtre. Il me fit un grand sourire et m'indiqua les bancs. Je lui rendis son sourire et me dirigeai vers Amélie. Celle-ci me fit un petit sourire et je pris place près d'elle. Quand le silence se fut installé dans l'église, le prêtre commença la cérémonie.
Il commença tout d'abord par résumer le parcours de mes parents. Leurs succès dans la vie, leur parcours et leur fin tragique. Ensuite vint le tour de Rachel. L'église qui était jusqu'à présent quasiment silencieuse, résonna de quelques sanglots ici et là. Je n'échappai point à la règle. Les larmes coulaient sur mes joues depuis le tout début.
Le prêtre termina la cérémonie quelques minutes plus tard et invita tout le monde à se diriger vers le cimetière qui se trouvait derrière. Tout le monde sortit de l'église et l'on se rendit à l'endroit prévu pour l'enterrement. Le temps était gris en cette journée, mais le soleil nous fit l'honneur de sa présence à ce moment. Les cercueils arrivèrent quelques minutes plus tard et on pu commencer.
Le prêtre récita quelques prières et se fut ensuite le tour de l'hymne national de commencer son chant glorieux. Vous vous demander sûrement ce que vient faire l'hymne national dans cet enterrement. C'est simple, mes parents étant haut placés, le sénateur à demander que l'on joue l'hymne pour eux.
Les cercueils commencèrent doucement leur descente dans la fosse. Mon regard erra une dernière fois sur le cercueil de Rachel avant que les hommes ne commencent à jeter les premières pelletées de terre. Amélie s'approcha doucement de moi et me prit par les épaules.
-C'est l'heure de rentrer, me dit-elle doucement.
Je jetai un dernier regard vers la fosse et suivis Amélie jusqu'à la voiture. Je pris place près d'elle sur le siège arrière et la voiture se mit en route vers l'Institue. On arriva quelques minutes plus tard et on descendit de la voiture. On entra à l'intérieur et Amélie se tourna vers moi.
-Le repas devrait être servit dans quelques minutes si le c½ur t'en dit.
J'hochai de la tête et lui fis un sourire. Elle me rendit mon sourire et s'éloigna dans le couloir. Je me dirigeai vers ma chambre et me laissai tomber lourdement sur mon lit. Je fermai les yeux et me remémorai les instants que je venais de passer. Je venais d'enterrer la seule famille que j'avais. J'étais donc à présent seule dans la vie, sans famille. Rachel allait me manquer affreusement.
Flash-back
La porte du sous-sol s'ouvrit doucement et Rachel apparut dans l'encadrement. Elle referma la porte derrière elle et descendit les escaliers. Elle s'approcha de moi et me fit un léger sourire.
-Les parents sont sortit pour la soirée, me dit-elle. J'ai donc décidé de venir te voir un peu.
-Tu sais que tu ne devrais pas. Si jamais ils te trouvent ici...
-Ils ne seront rien, dit-elle en s'assoyant près de moi.
Elle me fit un grand sourire et me prit dans ses bras.
-Tu sais, je m'en veux vraiment pour ce qui t'arrive, murmura-t-elle.
-Tu ne devrais pas t'en vouloir Rachel. Tu sais très bien que tu n'y es pour rien dans cette histoire, répondis-je.
-Mais si les parents ne tenaient pas tant à moi, tu pourrais sortir d'ici et ils t'aimeraient toi aussi.
Je lui fis un sourire et la serrai contre moi.
Fin Flash-back
[...]
3 jours s'étaient écoulés depuis l'enterrement de ma famille. J'avais continué mes séances avec Amélie, mais cela ne donnait absolument rien, je ne parlais toujours pas. Ce n'est pas par faute d'essayer, mais aucun son ne voulait sortir. Amélie m'avait encourager à persévérer, mais je doutais qu'un jour je puisse parler de nouveau.
-Jessica, tu m'écoutes ?
Je levai la tête vers Alex et lui fis un sourire.
-Tu étais encore partie dans tes pensées, me dit-il en souriant.
Je lui fis un petit sourire et baissai la tête.
-Je disais donc que dans quelques jours, je pourrais sortir d'ici, dit-il fièrement.
Je levai les yeux vers lui et lui fis un grand sourire. J'étais heureuse pour lui, il avait plus de chance que moi.
-Je vais sûrement retourner dans ma ville natale, dit-il.
J'haussai un sourcil, voulant en savoir plus.
-Je retourne à Chicago, me dit-il en souriant. Je vais y rejoindre ma famille.
Je lui fis un sourire et baissai la tête sur mon repas.
-Et toi, est-ce que tu sais quand tu partiras, me demanda-t-il.
J'hochai de la tête en signe de non. Je sais très bien que je ne sortirais pas d'ici avant un moment. Alex me fit un faible sourire et baissa la tête.
-Je suis certain que tu sortiras bien assez tôt, dit-il.
J'en doute. Johanne s'approcha de notre table et nous fit un sourire.
-Tu es prête pour ta séance, me demanda-t-elle.
J'hochai de la tête et me levai de la table. Alex me fit un sourire et je suivis Johanne dans le long couloir qui me menait au bureau d'Amélie. Johanne me fit un dernier sourire et m'ouvrit la porte. J'entrai dans le bureau et fis un sourire à Amélie qui était assise à son bureau.
-Bonjour Jessica, me dit-elle.
Je lui fis un sourire et pris place sur la chaise.
-Aujourd'hui, nous allons faire ça simple, me dit-elle. Je vais d'abord te faire faire un exercice pour ta voix.
Encore un exercice ! Elle ne comprendra donc jamais que ça ne marche pas. Au bout de 15 minutes, sans succès, Amélie se laissa tomber sur sa chaise.
-Je ne sais vraiment plus quoi faire, dit-elle. Nous avons tout essayer.
Je baissai légèrement la tête.
-Je ne sais plus quoi penser, dit-elle. Devrais-je te laisser partir ou bien te garder ici ?
Je levai les yeux vers elle.
-Si je te laisse partir, tu ne parleras jamais, mais si je te garde, on peut encore tenter quelque chose. C'est à toi de décider, me dit-elle.
Si je pars, où pourrais-je bien aller ? Je n'ai plus de maison et je suis sans famille.
-Est-ce que tu veux rester, me demanda-t-elle.
Je lui fis un signe affirmatif de la tête. Amélie me gratifia d'un sourire et se leva de sa chaise.
-Commençons le nouveau traitement, dit-elle.